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La fin d'un bureau postal sous l'oeil de la caméra

BROYE | 00h21 Richard Morgan consacre un documentaire à la fermeture de la poste de Sédeilles. Le cinéaste anglais se lance également dans la chanson.

JOANA ABRIEL | REGARD: Richard Morgan a consacré un long-métrage à l’office de Sédeilles, en 2005. «Ce n’est pas un film politique», assure-t-il, en précisant tout de même que cette année-là, La Poste a réalisé un chiffre d’affaires de 838 millions. ROSSENS, LE 2 OCTOBRE 2007

PATRICK CHUARD | 03 Octobre 2007 | 00h21

Une poste qui ferme, «ça fait drôle... c'est un peu de vie sociale qui s'en va». Ces mots d'André Cuany, retraité philatéliste, inaugurent le film consacré à la fermeture du bureau de poste de Sédeilles, sur les hauts de Payerne. Son réalisateur, Richard Morgan, l'a intitulé 1554. Comme le numéro postal du village. Filmé en 2005, le long-métrage de 95 minutes ne sort que maintenant, comme une tranche de vie désormais entrée dans l'histoire.

Avec 1554, on suit la dernière semaine de travail d'Eric et Myriam Morattel. Ce couple a tenu la petite poste de Sédeilles pendant quarante et un ans. Un travail qui appartient aujourd'hui au passé. Sans rébellion de la part des postiers: «Le bureau avait peu de clients, c'est compréhensible qu'on puisse le fermer», estimait Eric. Des gestes qu'on ne reverra plus, comme lorsqu'il faisait les additions des bulletins de versements sur une machine âgée de plus de 35 ans.

La mort du bureau de poste de Sédeilles (village aujourd'hui fusionné avec Rossens et Villarzel) n'a pas provoqué de mouvement de protestation populaire. Il faut dire que la proximité des services postaux a survécu à la fermeture: c'est l'office de Châtonnaye (FR), juste au bas de la colline, qui a repris le service. Le film, forcément sur un ton mineur et nostalgique, devient la chronique d'une évolution inéluctable.

Mais quand même! Anglais établi depuis vingt ans en Suisse romande, Richard Morgan se dit impressionné par un chiffre: «Deux cent dix-sept fermetures de postes depuis 1968, ce n'est pas rien!» Fasciné par l'exotisme d'une Helvétie étrangère à son éducation britannique, hanté par le temps qui passe, Richard Morgan avait déjà consacré un film à la fermeture d'une épicerie lausannoise.

De l'image à la chanson

Ancien comédien de théâtre, cinéaste (et enseignant pour gagner sa vie), l'Anglais du hameau de Rossens se lance également dans la chanson. Un premier single de quatre titres, dont l'excellent Letting Go, vient d'être gravé. Une voix, un piano et une ambiance blues... Triste comme la fermeture d'une poste.

Le film 1554 sera projeté à la salle communale de Sédeilles, le 26 octobre à 20 h. www.invisipics.com